Date : 2015

Organisation : Dans le cadre de Parkfarm, à Bruxelles/ rencontres autour de l’agriculture urbaine/ Restitution par Véronique Skorupinski

 

L’espace public est par essence un espace “politique” dont l’aménagement reflète notre société. Le cultiver permet d’intégrer le citoyen au cœur des mutations spatiales et sociales.

 

Cultiver en ville, est d’abord une démarche individuelle, un moyen pour le jardinier de retrouver un lien avec la terre et son alimentation. Parckfarm utilise ce mode d’appropriation des espaces publics, pour permettre aux habitants de participer à la construction de leur ville. Pour les concepteurs, l’agriculture urbaine permet donner du sens aux espaces publics, en réinventant les interactions entre jardinage, agriculture et urbanisme. Parckfarm crée les conditions d’une collaboration intelligente entre habitants, entreprises, et designers. Il démontre qu’un projet participatif peut défendre une qualité esthétique et architecturale, qu’une dynamique impulsée par des concepteurs peut trouver un écho dans la société civile et s’appuyer sur un engagement durable des habitants.

La réussite et la reproduction de ce travail de co-création s’appuie sur: une collaboration ouverte et inclusive, redéfinissant les rôles des différents acteurs un processus de conception sur le long terme, intégrant une part d’inconnu. un investissement humain, ressource principale du projet.

L’engagement de chacun des partenaires à faire un pas de côté, à transformer ses habitudes de travail, pour partager la conception. Le citoyen joue un rôle actif pour proposer, activer et de gérer les espaces. Le concepteur accompagne sur le terrain la collaboration entre les partenaires. Techniciens et élus acceptent un déroulement du projet plus empirique en modérant leur maîtrise de la réalisation. La réussite de ce processus, basé sur une confiance et une reconnaissance réciproque des savoir-faire des différents acteurs, suppose un contexte politique apaisé.

Conception et construction des espaces publics, sont envisagés dans une démarche évolutive et permanente. L’événement Parckfarm fait partie intégrante du processus de conception. Il participe à la structuration sociale de l’espace, à son investissement humain et affectif. Il offre les conditions d’une revendication citoyenne en laissant des espaces et du temps disponibles pour tester de façon concrète et collective l’intégration d’une pratique “agricole” dans un parc. Paradoxalement, le caractère éphémère de l’événement contribue à inscrire le processus dans la durée. L’ événement est un moyen d’échapper au caractère normatif qui préside à la construction, mais aussi une façon de continuer à rêver collectivement une ville plus vivante, coopérative et productive.

L’investissement humain prend une place prépondérante dans le projet, en terme d’ingénierie et d’implication bénévole. Inclure les habitants rend la réalisation plus difficile à anticiper, entre autre parce qu’elle repose sur un investissement citoyen qui n’est jamais acquis. Il dépend souvent de personnes-moteur, capables de co-porter le projet par engagement militant. Cela suppose d’impliquer la société civile le plus tôt possible et de l’assurer du soutien et de la reconnaissance de ses savoir-faire par les institutions. Tout au long du processus concepteurs et bénévoles doivent collaborer étroitement et partager la vision du projet, pour construire une appropriation citoyenne durable.